Notre philosophie, notre idée de l'AOC, du terroir , des vins de Bergerac et Saussignac ...Tout est dans cette vidéo, avec en plus de belles images du vignoble :

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Mardi 22 février 2011 2 22 /02 /Fév /2011 11:35

Des viticulteurs girondins ont créé un comité d’action chargé de faire la lumière sur le fonctionnement et la stratégie du CIVB qu’ils remettent en cause. …et quand il s’agit de parler de la faiblesse des cours, inéluctablement, ils comparent les cours du Bordeaux à ceux du Bergerac …et comble de l’horreur( !), le cours du vin de Bordeaux serait plus bas que celui de Bergerac !.... «On est au fond du trou. Et ceux qui sont censés nous aider nous maintiennent la tête sous l'eau. Avec du bordeaux générique acheté 700 euros le tonneau par le négoce, c'est-à-dire moins cher que du bergerac, comment voulez-vous que les producteurs girondins s'en sortent ? Ceux qui nous ont demandé de faire de la qualité, ce sont les mêmes qui aujourd'hui achètent nos productions au plus bas. Il faut que ça change », explique Dominique Techer, vigneron à Pomerol (château Gombaude-Guillot).

Et, à Bergerac , on se félicite de cette situation , comme dans cet article paru le 14 décembre dans le journal Sud Ouest :  
Est-ce Bordeaux qui est bas ou Bergerac qui monte ? Toujours est-il que, côté dialogue interprofessionnel et niveau des cours, Bergerac semble mieux loti que son voisin. La campagne de promotion lancée en 2000, « Nous, les bergeracs ! », semble avoir contribué à améliorer l'image du vignoble, en cohérence avec une amélioration de la qualité des produits. « C'est peut-être de l'orgueil, mais nous constatons que nos vignerons s'appliquent et, au bout, il y a un client », résume François Gérardin, le président du Conseil interprofessionnel des vins de la région de Bergerac (CIVRB).

Dans la grande distribution, Bergerac est à la 7ème place au classement des appellations les plus vendues. Et signe une réelle montée en gamme, de "bonne affaire" à 1,5 € pour passer en "bonne surprise" à 2,5-3€. « Manifestement, depuis quelques années, Bergerac a conquis des parts de marché qui lui sont propres », analyse Pierre-Henri Cugnaud, le directeur de la Fédération des vins du Bergeracois. Et pour chacun de ses vins (côtes-de-bergerac blanc sec , rosé, rouge et moelleux, monbazillac, pécharmant, rosette...). Cette année, le négoce a commencé à s'intéresser aux moelleux dès le mois d'août : « Signe que le produit à un intérêt pour le négoce », explique François Gérardin.

Depuis deux campagnes commerciales, le prix de base du tonneau de bergerac rouge se négocie en moyenne à 770 € contre 700 € pour le bordeaux générique. Certes, le cours du vrac bordelais affiche une fourchette de prix plus large (jusqu'à 1 100 euros contre 900 en Dordogne). Toujours est-il que, par rapport aux difficultés que rencontre actuellement le dialogue interprofessionnel à Bordeaux, vignerons et courtiers de Bergerac ont arrêté et défendent ensemble la limite de 750 € du tonneau et l'objectif de se rapprocher des 800 euros.
Dans Sud-Ouest, Adrien Vergnolle pose la question : "Bergerac aurait donc (enfin ?) les moyens de ne pas se laisser entraîner par la crise bordelaise ?" Avec le soutien des courtiers et des négociants, qu'il faut stimuler : « Certains courtiers disent "Bordeaux va déstocker, le marché va s'écrouler". Nous disons que c'est entièrement faux, et qu'il faut nous faire confiance. » explique Paul-André Barriat, le président de la Fédération des vins bergeracois, « Pour les négociants, ce n'est pas une mauvaise affaire d'acheter du bergerac », explique Paul-André Barriat. « Certains ont peur qu'il leur en reste sur les bras : on prend le pari que non. »
Des paris qu'on lance et des dés qu'on jette, conclue Pierre-Henri Cugnaud : « Si un jour quelqu'un écrit l'histoire du vignoble, il dira que nous vivons un moment clé… »

Cependant, même pour un  « vulgaire Bergerac », le cours de 700€ n’est pas suffisant: pour maintenir la viabilité de nos exploitations, il faudrait atteindre 900 €…Comment peut’ on donc se satisfaire de cette situation ??? Le fait que les cours des vins  de Bergerac soient supérieurs à ceux de Bordeaux doit’ il permettre de légitimer cette situation  qui demeure tout de même difficile pour les vignerons ?  Cela me fait penser à une situation familiale assez récurrente : quand l’un de mes enfants rentre de l’école avec une note moyenne, même s’il se justifie en me racontant que son copain a la même note que lui, voire inférieure à la sienne, cela ne me satisfait pas…..  et je n’en demeure pas moins déçue parce que je sais qu’il vaut mieux… ou bien en tous les cas, je l’espère !…. Faut’ il vraiment toujours savoir se contenter de ce que l’on a ?

Par daulhiac - Publié dans : histoires de vignes, de vignerons et de vin... - Communauté : vin, vignes et vignerons
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Vendredi 11 février 2011 5 11 /02 /Fév /2011 09:09

 

 

Nous ne résistons pas à l’envie de vous raconter une petite anecdote , relatant assez bien la façon dont peuvent être estimés les vins de notre région…..

Dans la revue, Reflets du Centre Hospitalier de Libourne, est paru le discours prononcé par Michel GALAND, Maire Adjoint de Libourne et  Président du Conseil  de Surveillance du CHU de Libourne lors de la manifestation organisée au CHU à l’occasion du départ à la retraite de son Directeur, Monsieur Jean-Paul LOTTERIE. Ce « notable » , compare, Monsieur LOTTERIE en son début de carrière,  à un vin de Bergerac  en ces propos : « vous étiez un peu comme ces vins un peu verts, astringents, corrosifs même parfois, laissant quelques brûlures d’estomac, un vin jeune, un Bergerac de table en quelque sorte. Je dirais même un vin qui n’avait pas été assez barriqué. » Nous ne pourrons que souligner l’ignorance de Michel Galand dans le domaine œnologique (un comble pour un élu d’un secteur viticole aussi incontournable !!!) : inutile de rappeler que le Bergerac est un vin d’AOC et que, par conséquent, le Bergerac de table n’existe pas…. Toute personne quelque peu avertie sait qu’un vin vert ne sera pas amélioré par un passage en barrique … Mais enfin, tout de même, si , en cette région, la comparaison viticole était inéluctable, n’y a t’il pas dans le flot des vins de Bordeaux (près de 6 millions d’hectolitres ! ?...)  suffisamment de vin inaboutis pour pouvoir leur comparer le tempérament de ce jeune médecin !....Ceci eût sans doute été de moins bon ton !!!!!!!!

Reste à espérer, pour poursuivre la métaphore viticole, que le médecin, avait ,en fin de carrière la force, la robustesse et la « présence » d’un Côtes de Bergerac, la puissance d’un Pécharmant, ou que sais-je encore ?......, la  rondeur et la finesse d’un Saussignac !

Par daulhiac - Publié dans : histoires de vignes, de vignerons et de vin... - Communauté : vin, vignes et vignerons
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Jeudi 10 février 2011 4 10 /02 /Fév /2011 10:33

Même s’il n’est pas dans nos habitudes d’utiliser cet espace de parole pour diffuser nos humeurs, il s’avère que la parole est souvent libératoire. Nous sommes fatigués, vignerons bergeracois,  d’être dénigrés, nous et nos vins par nos « voisins bordelais ». Vous me direz que le fait n’est pas nouveau, certes !.... Mais, nous ne cessons d’entendre ou de lire des propos « infâmants »  !!!!!!

Allons voir dans l’histoire ce qu’il en est de cette vieille querelle ...

Un petit coup d’œil au site de l’AOC Vins de Bergerac, permet de faire le point sur l’historique de notre vignoble. Toujours est-il que, nombreuses sont les traces archéologiques qui permettent de témoigner de l’implantation du vignoble en Dordogne depuis l’époque gallo romaine. Nous ne sommes peut-être pas le plus vieux vignoble  du monde, de France ou d’Aquitaine mais, nous pouvons revendiquer, tout de même une certaine antériorité !!!!

L’époque où l’Aquitaine est anglaise semble relativement profitable aux vins de Bergerac. Pas dès le début de la période , puisque « Dès 1254, Henri III roi d’Angleterre, à la demande des bourgeois de Bordeaux ordonne d'arrêter et de retenir tout ce qui viendrait de Bergerac, hommes, VINS, et autres marchandises. »Mais, plus tard, « un vaste marché s’instaure au départ de Bordeaux à destination de l’Angleterre et de l’Europe du nord. Les vins de Bergerac ne sont pas touchés par le privilège bordelais. Cette pratique bloque le port de Bordeaux aux vins de l’amont de la Garonne avant Noël, favorisant ainsi la vente du vin local. Le vin de Bergerac y échappe, étant vendu par la Dordogne qui rejoint la Gironde en aval de Bordeaux. Au Moyen Âge, il fait partie des vins vendus par les négociants de Libourne. »

Bergerac-Guyenne-Monumentale.jpg Si l’on regarde un peu plus en détail, nous pourrons constater que les Bordelais n’ont pas été les seuls à l’origine de mesure « disqualifiantes » pour le vignoble. En effet, les pratiques de notre Vinée n’étaient pas non plus des plus équitables : « Dès le XIIIème siècle, Bergerac est un centre important de rassemblement et de commercialisation pour les vins de la région. L’article 74 des statuts de la ville défend à toutes sortes de personnes de vendre du vin, du drap et du sel dans l’intérieur de la ville, à moins d’avoir été reçu bourgeois. L’article 75 défend de faire entrer des vins dans la ville s’ils n’ont été récoltés dans les vignes qui font partie de la Vinée. Dans un premier temps, cette Vinée s’étend sur la rive droite de la Dordogne et englobe sept paroisses environnantes. Suite aux dégâts causés par la guerre de Cent Ans, les bourgeois de Bergerac s’approprient les vignobles situés au sud de la Dordogne. Par une transaction en date du 4 septembre 1495, le territoire de la Vinée est étendu à ces vignobles et couvre ainsi sept nouvelles paroisses. »…….

Exit les vignobles éloignés de la ville : Montravel, Saussignac ….. et voilà comment  le vignoble de Pécharmant, puis celui de Monbazillac ont pu gagner leurs lettres de noblesse …..

« Heureusement » ( !), les guerres de religion et l’exil des Huguenots vers la Hollande, vont créer un engouement pour les vins de Bergerac.et notamment les vins blancs. La demande devenant importante, les « petits » vins blancs des vignobles éloignés de Montravel et Saussignac obtiennent reconnaissance. En 1532, François Rabelais, dans Pantagruel cite les douceurs suaves des vins de Saussignac.

Plus tard, la première classification des vins de « Bordeaux »  accorde aux vignobles de Bergerac une place non négligeable : « En 1816, le topographe A. Julien établit la première classification des vins en 5 classes.Les vins blancs de Bergerac figurent en deuxième classe, immédiatement après les Sauternes et Barsac.

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Les vins rouges de Bergerac figurent en troisième classe au même niveau que Pauillac, Margaux, Saint-Estèphe et Saint-Julien. »

Le classement officiel de 1855 passe par là, et il ne va s’intéresser qu’aux vins de la rive gauche de la Garonne !!!!! …parce que c’est la Chambre de Commerce de Bordeaux qui va effectuer ce classement sur la base de données «  commerciales » essentiellement, l’historique des cotations étant le critère principal. Il est bien évident que les vins de Bergerac ne peuvent être, ne serait- ce qu’évoqués dans ce classement, ceux de Saint Emilion n'y ayant même pas leur place !

« Mais en 1865, cette belle prospérité allait être mise à mal par l’arrivée d’un véritable fléau : le phylloxéra vastatrix, un insecte importé avec des plants américains. La destruction du vignoble se poursuivit jusqu’en 1890. En Dordogne, le vignoble passa de 10 7000 à 2 180 hectares. »

Nous avons reconstitué le vignoble depuis, puisqu’aujourd’hui, les appellations bergeracoises couvriraient plus de 12000 hectares. !

 

« Au XXe siècle, lors de la délimitation du vignoble de Bordeaux, les limites sont fixées à celles du département de la Gironde. Les vins de Bergerac, longtemps vendus sous le nom générique Bordeaux doivent se créer du jour au lendemain une image. Le négoce de Libourne, traditionnel vendeur de ces vins écoule en priorité les vins labellisés bordeaux, puis tentent ensuite de trouver des marchés pour leurs autres vins. »

 

Mais, plusieurs siècles plus tard, nous sommes toujours tributaires du négoce bordelais pour la commercialisation de nos vins puisque plus de la moitié des vins de l’appellation transiterait par le négoce girondin ! Jacques Dupont, dans Le point de septembre 2010 « redémonte le mécanisme » de nos relations avec les Bordelais et explique comment les privilèges ancestraux ont toujours une influence : « Le privilège existait depuis deux siècles : c'est beaucoup. Le temps suffisant. Bordeaux a installé sa commercialisation et bâti sa réputation dans les pays qui comptent, les îles Britanniques, entre autres, qui demeurent aujourd'hui les meilleurs distributeurs de vins sur les autres continents. Pour Bergerac, malgré l'excellence de certains sols viticoles, les carottes sont cuites. Il ne sera jamais l'égal du voisin, qui continue de verrouiller ses frontières. »

Et voilà, comment en 2011, nous sommes toujours tributaires de faits datant de plusieurs siècles !.... et comment, il est intéressant de voir que la notion de terroir peut devenir d’une futilité déconcertante …tout juste un gadget mis au service d’intérêts commerciaux !

Par daulhiac - Publié dans : histoires de vignes, de vignerons et de vin... - Communauté : vin, vignes et vignerons
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